Le Pin sylvestre (Pinus sylvestris) est certainement l'un des pins européens les plus intéressants à travailler en bonsaï. Rustique, vigoureux et capable de développer une belle écorce avec les années, il possède toutes les qualités que l'on recherche chez un conifère.
C'est aussi une espèce que l'on rencontre naturellement dans une grande partie de l'Europe. Contrairement aux pins japonais traditionnellement associés au bonsaï, le Pin sylvestre est donc parfaitement adapté à nos climats.
Avec ses aiguilles relativement fines, son bois souple qui se prête bien à la mise en forme et son aspect qui devient de plus en plus marqué avec l'âge, il permet de créer des bonsaï avec beaucoup de caractère.
Le Pin sylvestre, Pinus sylvestris
Le Pinus sylvestris, ou Pin sylvestre, est un conifère persistant naturellement présent dans une grande partie de l'Europe et jusqu'en Asie.
Dans la nature, il peut devenir un arbre imposant, mais dans les milieux difficiles – montagne, sols pauvres, zones rocheuses ou exposées au vent – il peut également prendre des formes beaucoup plus tourmentées. Des silhouettes qui correspondent particulièrement bien à l'esthétique recherchée en bonsaï.
Comme le Pin mugo, c'est un pin à deux aiguilles : celles-ci sont regroupées par paires. Elles sont relativement courtes, légèrement torsadées et présentent une couleur allant du vert au vert gris.
Son écorce constitue également l'un de ses principaux attraits. Avec l'âge, elle devient écailleuse et se colore progressivement de tons orangés à brun-rouge, particulièrement visibles sur la partie haute du tronc et les branches.

Pourquoi choisir un Pin sylvestre en bonsaï ?
Le Pin sylvestre possède plusieurs qualités particulièrement intéressantes pour la culture en bonsaï.
Il est tout d'abord très rustique et supporte parfaitement nos hivers. Il apprécie également le plein soleil et peut vivre dans des conditions relativement difficiles.
Mais son principal intérêt est certainement sa capacité à évoluer avec le travail. Avec les années, il est possible d'obtenir une végétation plus compacte, des aiguilles plus courtes et une ramification de plus en plus fine.
Ses branches restent également assez souples lorsqu'elles sont jeunes, ce qui permet de les travailler par ligature ou par haubanage pour créer des formes naturelles et donner du mouvement à l'arbre.
C'est donc une très belle espèce pour ceux qui souhaitent travailler un pin européen sur le long terme.
Comment entretenir un Pin sylvestre en bonsaï ?
Une exposition en plein soleil
Le Pin sylvestre est avant tout un bonsaï d'extérieur. Il doit rester dehors toute l'année et profiter au maximum du soleil.
Une exposition lumineuse favorise une croissance vigoureuse, des aiguilles plus compactes et surtout le développement des bourgeons à l'intérieur de l'arbre.
Évitez donc de le placer durablement à l'ombre. Plus la végétation est dense, plus il est important que la lumière puisse pénétrer jusqu'à l'intérieur des branches.
En hiver, le Pin sylvestre résiste très bien au froid et au gel. Une protection particulière n'est généralement pas nécessaire sous nos climats, sauf éventuellement pour un arbre récemment rempoté ou lors de conditions exceptionnellement froides et prolongées.

Comment arroser un Pin sylvestre ?
Comme la plupart des pins, le Pin sylvestre n'aime pas avoir constamment les racines dans l'humidité.
Il faut arroser abondamment lorsque cela est nécessaire, afin que toute la motte soit humidifiée, puis laisser le substrat commencer à sécher avant d'arroser à nouveau.
Il ne faut donc pas suivre un calendrier fixe. L'arrosage dépend de la saison, de la température, du vent, de la taille du pot et du substrat utilisé.
En été, un arbre en plein soleil peut naturellement demander beaucoup d'eau. À l'inverse, au printemps et en automne, lorsque les températures sont plus fraîches et les pluies fréquentes, il faut surtout éviter que la motte reste détrempée en permanence.
Un substrat suffisamment drainant est donc particulièrement important pour cette espèce.
Comment tailler un Pin sylvestre ?
Le Pin sylvestre ne se taille pas exactement comme un feuillu. Il faut respecter son fonctionnement et surtout conserver suffisamment de végétation pour maintenir la vigueur des branches.
Les grosses tailles de structure peuvent être réalisées pendant la période de repos, généralement de l'automne à la fin de l'hiver.
Avant de supprimer une branche, prenez le temps d'observer l'arbre et de réfléchir à sa future construction. Une branche encore trop fine ou trop courte peut être conservée une ou plusieurs années supplémentaires afin de prendre du diamètre avant d'être travaillée.
Évitez également de supprimer une quantité trop importante de végétation en une seule fois. Sur un arbre qui nécessite beaucoup de travail, mieux vaut répartir les interventions sur plusieurs années.

Les chandelles du Pin sylvestre
Au printemps, les bourgeons du Pin sylvestre s'allongent et forment ce que l'on appelle les chandelles.
Le Pin sylvestre est un pin à une seule pousse principale par an. Il ne faut donc pas lui appliquer automatiquement les techniques utilisées sur le Pin noir du Japon, notamment la suppression complète des chandelles destinée à provoquer une seconde pousse.
Sur un Pin sylvestre déjà bien établi, on peut éventuellement intervenir sur les chandelles les plus vigoureuses pour équilibrer la force entre les différentes parties de l'arbre.
L'objectif n'est pas de supprimer systématiquement toute la nouvelle pousse, mais de maintenir un équilibre entre les zones fortes et les zones plus faibles.
Sur un jeune arbre en construction, il est souvent préférable de laisser pousser davantage afin qu'il gagne en vigueur et que les branches se développent.
Comment densifier un Pin sylvestre ?
Obtenir une belle densification demande avant tout du temps, de la vigueur et beaucoup de lumière.
Pour favoriser l'apparition de bourgeons plus proches du tronc, l'intérieur de l'arbre doit recevoir suffisamment de soleil. Une végétation trop compacte en périphérie finit par ombrager les branches intérieures et peut provoquer leur affaiblissement.
La mise en forme joue donc un rôle important : en abaissant certaines branches et en ouvrant les plateaux, la lumière pénètre davantage dans l'arbre.
Lorsque de nouveaux bourgeons apparaissent en arrière, ne cherchez pas à les travailler immédiatement. Laissez-les prendre suffisamment de force avant de les utiliser pour reconstruire ou raccourcir une branche.
C'est un travail qui se fait progressivement, parfois sur plusieurs années.
Ligature et mise en forme
Le Pin sylvestre se prête particulièrement bien à la ligature.
Ses jeunes branches sont relativement souples et peuvent être positionnées pour créer du mouvement et construire les futurs plateaux. Sur les branches plus importantes, les haubans peuvent également être très utiles.
La période automne-hiver est particulièrement intéressante pour effectuer les travaux de structure, lorsque l'arbre est au repos.
Surveillez cependant régulièrement les fils : lorsqu'une branche grossit, la ligature peut rapidement commencer à marquer l'écorce.

Quand rempoter un Pin sylvestre ?
Comme pour nos autres pins, nous conseillons de rempoter le Pin sylvestre à la fin de l'hiver ou au tout début du printemps, lorsque les bourgeons commencent à gonfler mais avant l'allongement important des chandelles.
Le rempotage d'un pin doit toujours rester raisonnable.
Contrairement à certains feuillus, on ne cherche pas à mettre complètement les racines à nu ni à supprimer toute l'ancienne terre. Le système racinaire des pins vit en association avec des mycorhizes, des champignons bénéfiques présents dans la motte.
Lors du rempotage, nous conservons donc une partie de l'ancienne motte et de ses mycorhizes.
On travaille principalement le pourtour et le dessous de la motte, en supprimant les racines trop longues si nécessaire, sans intervenir brutalement au cœur du système racinaire.
De manière générale, évitez de supprimer plus d'environ un tiers des racines lors d'un même rempotage. Un pin fortement affaibli au niveau racinaire peut mettre beaucoup de temps à récupérer.
Après le rempotage, l'arbre doit être correctement fixé dans son pot afin que les nouvelles racines puissent se développer sans mouvement.

Quel substrat utiliser ?
Le Pin sylvestre apprécie un substrat qui permet à la fois de conserver suffisamment d'humidité entre deux arrosages et d'évacuer rapidement les excès d'eau.
L'essentiel est donc d'obtenir une bonne aération et un bon drainage de la motte.
Il n'existe pas un substrat unique indispensable à la culture du Pin sylvestre. Le mélange doit surtout être adapté à votre climat et à votre façon d'arroser.
À la pépinière, nous cultivons nos pins dans notre propre mélange de substrat, adapté à notre climat et à notre méthode de culture.
Fertilisation
La fertilisation dépend avant tout de l'objectif recherché.
Un jeune Pin sylvestre ou un prébonsaï que l'on souhaite faire grossir et développer peut être fertilisé plus généreusement pendant la période de croissance.
Sur un bonsaï déjà formé, on cherchera davantage à contrôler la vigueur afin de conserver une végétation compacte.
À la pépinière, nous utilisons une fertilisation régulière pendant la période de croissance, en alternant engrais organique et engrais chimique.
Comme toujours, l'engrais doit accompagner un arbre en bonne santé : fertiliser davantage un arbre faible ne remplacera jamais de bonnes conditions de culture.
Un pin européen parfaitement adapté au bonsaï
Le Pin sylvestre possède finalement tout ce que l'on peut attendre d'une bonne espèce pour le bonsaï : une grande rusticité, une belle écorce avec l'âge, des aiguilles qui peuvent devenir relativement compactes et des branches qui se prêtent très bien à la mise en forme.
Il demande cependant de la patience. La construction d'un beau pin se fait rarement en une ou deux saisons. Il faut savoir laisser pousser, observer la réaction de l'arbre puis intervenir progressivement.
C'est justement ce travail au fil des années qui permet au Pin sylvestre de prendre tout son caractère et d'obtenir des bonsaï à l'aspect naturel et mature.